09 mars 2009

CRISE AUTOMOBILE EN YVELINES : POUR DES EMPLOIS SANS F1

La fédération départementale du mouvement démocrate (MoDem78) s'est exprimée début mars par la diffusion d'un communiqué de presse. Le communiqué précise les besoins en développements innovants pour garantir des emplois dans le secteur automobile, mais se positionne en défaveur du projet d'implantation d'un circuit de formule 1 dans les Yvelines. Le MoDem78 soutient la nécessaire mutation technologique, énergétique et écologique de l'automobile de demain, ainsi que la création de synergies départementales dans ce cadre (en soulignant toutefois les risques d'une mono activité pour un bassin d'emploi). Il s'inquiète en revanche d'une forte dépense publique pour un circuit de F1 sans garanties suffisantes pour l'emploi vu l'état financier précaire de ce sport, et son apport technologique peu compatible des besoins futurs :

...« Les Yvelines doivent aider l'industrie automobile locale à réussir sa mutation vers la voiture de demain : plus écologique, plus sûre, plus confortable. Bravo ! Mais alors que vient faire ce projet de circuit de Formule 1, incongruité bruyante, polluante, coûteuse et sans avenir que le Conseil Général soutient à grands renforts de communication ? »...

Consulter la suite du communiqué sur le site du MoDem78...

DETROMPEZ-VOUS !

La position pragmatique de notre courant de pensée met donc fin à la tentative d'amalgame entre la création d'emplois, l'industrie automobile et le sport F1 local. Sans dérouler encore l'argumentaire qui dessert le projet de circuit, celui qui consiste à réduire l'opposition aux mouvements d'environnement ne tient plus. La majorité régionale, de nombreux mouvements locaux et des citoyens riverains ou non du projet s'y opposent. La caricature « écologiste » eut bon dos, occultant volontairement la notion de développement durable défendue par CAP21, et que nous souhaitons partager. L'énergie du collectif que nous soutenons a déclenché l'offensive médiatique du conseil général, ce qui prouve sa conscience que la partie est loin d'être gagnée. Il est d'ailleurs fait état de moyens démesurés pour cette véritable campagne, dont on se demande ce qu'elle peut réellement apporter à son promoteur au-delà du projet... Des méthodes téléphoniques intrusives, des dizaines de milliers de tracts en papier glacé, des meetings, des sites internet : Le contribuable paye-t-il déjà le circuit ?

INVESTIR POUR QUEL AVENIR ?

Si les prêts consentis par l'Etat à nos deux constructeurs automobile additionnés au plan de relance proposé par le conseil général des Yvelines donnent le tournis aux contribuables, encore faut-il définir la stratégie porteuse d'avenir de ce secteur.

Quels constats ? Une réelle chute des ventes en ce début d'année, un prix des énergies fossiles devenu incontrôlable, et plus généralement des ressources planétaires que nous devons partager avec la Chine, l'Inde et les pays émergents qui au passage développent tranquillement leurs propres automobiles. Tout cela sur fond de défi environnemental dont nous ferions bien de prendre enfin la mesure.

Et ensuite ? Si la crise économique masque un temps l'augmentation du prix des matières premières industrielles et énergétiques, toute reprise verra tôt ou tard s'envoler de nouveau ces marchés subissant la loi de l'offre et de la demande globalisées. Les consommateurs échaudés par ces paramètres ont déjà modifié leurs comportements ou n'ont jamais été aussi prêts de le faire, un pacte écologique et un grenelle plus tard. Enfin, la concurrence des nouveaux pays constructeurs se fera sentir tôt ou tard pour certaines gammes, même si les standards de qualité occidentaux sont encore peu atteints. En tout cas tant que la croissance mondiale ne se heurtera pas encore aux limites d'un monde fini avec de fortes tension internationales.

Qu'en conclure ? L'avenir ne peut être l'utilisation de l'automobile version 20ème siècle, même en cas de mutation énergétique. Il convient de repenser l'organisation de nos sociétés autour d'une autre idée : La mobilité. L'innovation, la recherche, l'industrie et l'urbanisme doivent converger vers deux axes : Une mobilité plus efficace et plus écologique à moindres coûts et trafic lorsque nécessaire, mais aussi créer les conditions d'un moindre besoin en mobilité à la source. Ainsi, comment devenir moins dépendants des transports et ne plus accepter de payer plus cher pour se déplacer que pour se nourrir.

Quelles solutions ? Elles existent déjà mais demandent un courage politique et une possible reconversion du secteur vers une vision plus globale. Il y a fort à parier que le futur chiffre d'affaire de nos constructeurs se jouera moins sur l'automobile individuelle, mais plus sur une logique inter modale et mutualisée des moyens de transports. Il revient aux entreprises de se saisir de ces nouvelles niches d'activités afin d'assurer une diversification d'avenir. Pour l'efficacité : Les tangentielles de transports en communs se développent enfin, imaginons des taxis informatisés « jamais vides » qui calculent le meilleur trajet en temps réel dans les agglomérations, du covoiturage et de l'auto partage, des voies cyclables, et une anticipation des besoins intégrée à l'urbanisation (même en bus). Le tout inter connecté au moyen le plus efficace suivant le trajet, avec des réseaux en sites propres. Pour l'énergie, pourquoi ne pas donner sa chance à l'air comprimé : Pas de pollution, et un moyen de stocker l'électricité éolienne dans des stations locales... Pour le moindre besoin : Développer le temps partiel et le télétravail, les activités sur les nœuds de transports et au cœur de l'urbanisme, les services et l'économie locale spécifique au territoire.

Nous ne réussirons pas à « sauver des emplois pour sauver des emplois » en perfusion perdue sans tenir compte des changements de ce monde, en vallée de Seine comme ailleurs. Réfléchissons à la reconversion des friches industrielles de Flins dans le cadre des OIN afin de limiter l'urbanisation, et créons les conditions d'une activité renouvelée. La reprise économique ne se décrète pas, elle se construit, et nous n'avons pas besoin d'un circuit F1 pour cela. Investissons dans l'avenir de façon concrète, nous n'avons plus les moyens d'entretenir le mirage des « trente glorieuses ».

O.V.

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